Tribune du directeur général de la MIRS | Juillet 2026

Diriger, ce n’est pas simplement administrer le présent. C’est regarder plus loin, anticiper les transformations et avoir le courage de préparer l’avenir avant qu’il ne s’impose à nous.

À la MIRS, nous avons toujours su nous adapter. Depuis plus de cinquante ans, notre organisation évolue avec les réalités de l’immigration, les besoins des familles, les transformations de nos communautés et les défis de notre société. Cette capacité d’adaptation fait partie de notre histoire. Mais aujourd’hui, il nous faut aller plus loin.

Nous ne devons plus seulement nous adapter au changement. Nous devons contribuer à le façonner.

Une nouvelle étape pour la MIRS

L’année 2026-2027 marque l’ouverture d’un nouveau chapitre. Notre plan stratégique 2026-2029 nous invite à renforcer notre impact, à moderniser nos pratiques, à développer notre capacité d’innovation et à consolider notre rôle de référence sur la Rive-Sud.

Notre ambition est claire : faire de la Maison Internationale une organisation encore plus forte, plus agile, plus influente et plus proche des personnes et des communautés qu’elle accompagne.

Cette ambition ne repose pas uniquement sur de nouveaux projets, de nouveaux outils ou de nouvelles structures. Elle repose d’abord sur une vision commune.

Nous voulons une MIRS qui ne se contente pas de répondre aux besoins immédiats, mais qui agit aussi sur les causes profondes des difficultés vécues par les personnes immigrantes.

Une MIRS qui ne mesure pas seulement le nombre de personnes accompagnées, mais aussi les changements durables qu’elle contribue à créer dans leur vie.

Une MIRS qui ne travaille pas en vase clos, mais qui rassemble les municipalités, les institutions, les organismes communautaires, les entreprises, les citoyens et les personnes immigrantes autour de solutions collectives.

Une MIRS qui observe les transformations de son territoire, documente les réalités émergentes et utilise les données pour mieux comprendre, mieux décider et mieux agir.

C’est notamment l’ambition qui guidera la mise en place d’un Observatoire et la production future d’un état de l’immigration sur la Rive-Sud. Il ne s’agira pas simplement de produire un rapport de plus. Il s’agira de mieux comprendre notre territoire afin de mieux le transformer.

Le leadership n’est pas un titre

Dans une organisation comme la nôtre, le leadership ne peut pas reposer uniquement sur la direction générale, les gestionnaires ou les membres du conseil d’administration.

Le leadership est une responsabilité collective.

Il se manifeste lorsqu’une intervenante propose une nouvelle façon de mieux accompagner une famille.

Il se manifeste lorsqu’un employé refuse de considérer une difficulté comme une fatalité et cherche une solution.

Il se manifeste lorsqu’un membre partage son expérience pour améliorer nos services.

Il se manifeste lorsqu’un partenaire décide de dépasser les frontières de son organisation pour construire une réponse commune.

Il se manifeste lorsqu’une personne immigrante transforme son parcours en une force pour aider les autres.

Être leader, ce n’est pas nécessairement parler plus fort. C’est voir ce qui doit changer et avoir le courage de faire le premier pas.

À la MIRS, nous devons créer les conditions permettant à chaque personne de prendre des initiatives, de proposer, d’expérimenter et de contribuer pleinement à notre mission.

Notre avenir dépendra de notre capacité à faire émerger ce leadership à tous les niveaux de l’organisation.

Refuser l’immobilisme

Toute organisation qui grandit doit faire des choix.

Elle doit décider quelles pratiques conserver, lesquelles améliorer et lesquelles avoir le courage de transformer.

Certaines façons de faire nous ont permis d’arriver jusqu’ici. Mais elles ne nous permettront pas nécessairement d’aller là où nous voulons être demain.

Le changement peut parfois susciter de l’incertitude. Il peut remettre en question nos habitudes et nos repères. Toutefois, l’immobilisme comporte un risque beaucoup plus grand : celui de devenir progressivement moins pertinent face aux besoins de notre communauté.

Nous devons donc accepter de revoir nos processus, de renforcer notre culture de résultats, de mieux utiliser les données, d’améliorer notre coordination interne et de développer une véritable culture d’anticipation.

Nous devons passer d’une logique où nous réagissons aux urgences à une logique où nous planifions, prévenons et construisons durablement.

Nous devons aussi accepter une idée essentielle : la croissance d’une organisation ne se mesure pas seulement à la multiplication de ses activités. Elle se mesure à sa capacité à produire des résultats cohérents, à apprendre de ses expériences et à démontrer son impact.

Transformer notre mission en mouvement collectif

Notre mission est d’accueillir, accompagner et soutenir l’intégration des personnes immigrantes afin de bâtir une communauté inclusive, solidaire et prospère.

Cette mission ne doit pas rester une phrase affichée dans nos documents. Elle doit guider chacune de nos décisions.

Accueillir, c’est créer des espaces où chaque personne se sent reconnue et respectée.

Accompagner, c’est être présent dans les moments de transition, de doute et de reconstruction.

Soutenir l’intégration, c’est permettre à chacun de développer son autonomie, de participer pleinement à la société et de contribuer à la communauté.

Bâtir une communauté inclusive, c’est aussi interpeller nos institutions, nos milieux de travail et nos collectivités afin qu’ils reconnaissent la diversité comme une force.

Notre mission est donc à la fois humaine, sociale et profondément transformatrice.

Elle nous oblige à voir plus grand que nos programmes. Elle nous invite à construire des ponts, à mobiliser les citoyens et à influencer positivement les décisions qui façonnent notre territoire.

L’avenir commence maintenant

Le mois de juillet est souvent perçu comme une période de ralentissement. Pour moi, il représente plutôt un moment privilégié pour prendre du recul, revoir nos priorités et préparer la suite.

L’automne arrivera rapidement, avec ses projets, ses défis, ses échéances et ses attentes. C’est maintenant que nous devons poser les bases de notre réussite collective.

Nous avons devant nous une occasion exceptionnelle : celle de faire évoluer la MIRS sans perdre ce qui constitue son essence :

Notre respect pour chaque parcours;

Notre ouverture à la diversité;

Notre altruisme au service du bien commun;

Notre engagement envers l’égalité des chances;

Notre détermination à agir avec conviction.

Mais ces valeurs doivent être davantage que des principes. Elles doivent devenir des gestes visibles, des décisions courageuses et des résultats concrets.

À toutes les personnes qui font vivre la MIRS -administrateurs, employés, bénévoles, membres, partenaires, administrateurs, personnes accompagnées et citoyens-, je lance cette invitation : Ne nous demandons pas seulement ce que la MIRS est aujourd’hui. Demandons-nous ce qu’elle peut devenir. Et surtout, demandons-nous quelle contribution chacun de nous peut apporter pour construire cette organisation et cette communauté que nous voulons laisser aux générations futures.

L’avenir ne se prévoit pas seulement. Il se prépare. Il se construit. Et il commence maintenant.

Mame Moussa Sy, MBA, Adm.A
Directeur général
Maison Internationale de la Rive-Sud